Lettre du dimanche · 9 mars 2025
Renouveau
Le soleil a resplendi pendant plusieurs jours sur le Poitou - un luxe, un bain de jouvence. Et puis les journées s'allongent : on peut désormais sortir sans crainte avant ET après la journée de travail, et pendant la pause de midi aussi ! J'en profite avec gourmandise. Les rayons solaires nous dorlotent, nous enveloppent et nous parfument, accompagnés par les fragiles primevères, jonquilles et asperges sauvages, par des relents d'humus et de rosée, par le sourire des passants et la gaité ambiante. Nous nous révélons comme de bons petits plats, cuisinés avec amour par la mère Nature.
Nous laissons nos corps s'engourdir et notre sensualité se réveiller. Le soleil, le ciel et la terre entière nous appellent dehors, alors vite il faut sortir, s'installer aux terrasses des cafés, goûter au chant des oiseaux et aux bourgeons qui se sont multipliés comme par miracle. Qui sait si cette atmosphère va se poursuivre ? Elle est une réalité aujourd'hui et aujourd'hui seulement, alors c'est aujourd'hui qu'on en profite. Remplissons-nous de ces minutes de pure joie, à portée de main. Elles ne changent pas le cours de notre vie, mais elles densifient la réalité, ravivent la confiance, ponctuent notre calendrier de fleurs et de jolis cœurs 💚 🌺 💛🪻🩷 - ces décors de petites filles candides qui demeurent enfouis au fin fond de nous, comme si nous n'avions jamais grandi.
Il y a toujours quelque chose qui, par surprise, nous remémore la simplicité, l'authenticité, l'innocence de ce que nous avons été quand nous étions enfant. Parfois, il faut attendre longtemps pour mettre le doigt dessus. Pour moi qui ait été élevée à la campagne, il s'agit du premier rayon de soleil printanier. Pour vous, peut-être est-ce l'odeur des bibliothèques, le rire dans les cours de récrés, la texture de la mousse au chocolat, une pub à la télé, la main de votre père, la frénésie d'un aéroport un matin de vacances ? Juste une impression fugace... mais laquelle ? Même quand on est quinqua, on a un "déclic" qui nous traverse parfois, venu de très loin, qui nous recompose, qui nous redonne une figure de nous-même qui paraissait s'être évanouie.
Je vous souhaite de l'identifier cette semaine. Aidez-vous des rayons du soleil et de la clarté des étoiles - le ciel est rempli de beauté, à notre portée. Je sais, je sais, il va pleuvoir cette semaine, dès aujourd'hui peut-être. Mais réjouissons-nous : grâce à la pluie, tout va pousser, tout va renaitre.
Véronique

La lettre du dimanche
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Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.
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