Lettre du dimanche · 16 juin 2024
Françoise, Éric et les autres
Ça aura été une semaine folle. Une semaine de dingues, pour reprendre le langage présidentiel. Vous n’avez pas pu louper les montagnes russes de la politique hexagonale. Les élections c’est comme le foot, on ne peut pas prédire le résultat et c’est comme ça qu’on entretient la passion : on n’est jamais à l’abri d’un retournement de conjoncture.
Une fois de plus, les faits dépassent la fiction. Je comprends pourquoi les gens aiment aller au ciné : c’est pour se reposer de la réalité imprévisible de la vie. Comme elles sont loin les ennuyeuses élections européennes de la semaine dernière ! Ce matin j’avais presque oublié que ceci avait déclenché cela. Et puis le « départ » de Françoise Hardy, comme nous l’a annoncé son fils.
Elle était photogénique et distante, malgré elle, sans la moindre touche de vulgarité, naturellement respectable. Avec sa voix limpide, douce, sobre et son timbre si élégant, elle s’insinuait dans nos cerveaux, où sa clarté et son honnêteté étaient parfois accablantes.
Beaucoup de nos références esthétiques ont été marquées par elle, ainsi que par Jacques Dutronc.
Cette semaine, les médias ont bien davantage parlé de l’opportuniste sécession d’Éric Ciotti que de la mort, ardemment désirée, de Françoise Hardy Pourtant elle a beaucoup fait pour nous lier et nous construire, pour mettre des mots sur nos états d’âme de jeunes filles… devenues les femmes mûres que nous sommes aujourd’hui.
On a grandi en même temps qu’elle
Véronique

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