Lettre du dimanche · 19 mai 2024
Remise des diplômes… des parents ?
C’était il y a 4 ans, le Covid faisait rage, j’habitais à Berlin. Mon fils unique préparait son Bac. Tout était chamboulé par les « mesures de protection » et les « protocoles sanitaires » qui nous empoisonnaient la vie, mais qui nous ont permis d’échapper à la maladie.
On avait la main sur le smartphone, guettant les statistiques de contamination, prêts à dégainer nos QR codes prouvant qu’on était vaccinés. Ah, j’avais oublié les antivax – j’en connaissais, bien sûr.
On se préparait, mon mari et moi, à aller dès que possible retrouver ma mère dont la santé mentale commençait être préoccupante. Plusieurs de nos amis avaient perdus des proches, souvent à cause du manque de place à l’hôpital.
C’était il y a une éternité. Je travaillais à fond sur ce blog, tout juste imaginé et construit, à la fois pour me délivrer de l’atmosphère angoissante de la pandémie et pour penser à ma vie « d’après ». Après le départ de mon fils. Et voilà. Il est parti à l’université en aout 2020, pour 4 ans. Il a passé des mois dans l’isolement obligatoire, sans pouvoir accéder aux salles de cours, scotché sur Zoom, se testant tous les jours pour vérifier qu’il n’avait pas le Covid, avec très peu de contacts humains au début, puis nouant des relations exceptionnelles avec ses 3 voisins de chambre – avec qui partagera ensuite un « dorm » jusqu’à aujourd’hui. Il vient juste de terminer.
Enfin presque. Il arrête officiellement le 22 mai, jour de ses 22 ans. Comme c’est aux USA, on va avoir droit aux discours et aux flonflons. Cette nuit, il nous a envoyé un email disant qu’il avait reçu les « highest honors » in Applied maths (il a aussi une deuxième spécialité, « East Asian Studies »).
Je n’aurais jamais imaginé ça. Pour lui, pour moi. Je n’aurais jamais imaginé pouvoir développer tous ces articles de blog, et surtout toutes ces relations avec vous, alors que je cherchais désespérément des contacts, me sentant sans but quand la maison se vidait.
J’ai déménagé à Nice, retrouvé des amis. C’est fou ce qu’on peut faire en 4 ans. A court terme, on piétine. A long terme, on avance. C’est une étrange façon de mener sa vie, mais c’est ainsi. Chacun son Voyage.
Je pars à 11h15 en Uber, vers l’aéroport de Nice. Transfert à Munich, arrivée dans la soirée à Boston. Quelle incroyable aventure !
Véronique

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