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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 3 décembre 2023

Toubib or not toubib ?

Comment est-ce que vous vous occupez de votre santé ? J’essaie de mon côté de m’y intéresser d’une part, et d’anticiper d’autre part. On en a déjà largement parlé dans la partie « Corps et bien-être » de mon blog, mais finalement ce « problème » ne s’arrête jamais.

La santé et les médecins, ça nous occupe toute la vie. D’abord quand on est bébé. Nos parents passent leur temps à nous emmener chez le pédiatre, à se conformer au calendrier de nos vaccinations et à suivre notre croissance au centimètre et au kilogramme près.

Après 50 ans, on perçoit qu’un jour, il va falloir suivre notre décroissance – au kilogramme et au centimètre près. Mais nos parents ne sont plus là pour nous emmener chez le docteur. C’est à nous de le faire, et ce n’est pas drôle du tout. J’en connais beaucoup qui préfèrent ne pas s’y plonger.

Les suppléments alimentaires et les recherches sur Internet leur donne l’impression de prendre leur corps en main, en évitant l’univers diabolico-capitalistique des big Pharma (sachant que le marché des compléments nutritionnels, c’est un sacré business aussi, même s’il a l’air plus cool que la salle d’attente de la gynéco).

Vous, vous êtes du genre cure de gelée royale ou hémogramme-formule sanguine ? Sur ce plan-là, je suis docile et j’aime faire confiance à notre système de santé. Plus précisément, je fais confiance à mes médecins. En fait, j’adore parler aux toubibs. Ce sont des gens plutôt sympathiques qui ont cette immense qualité de ne se préoccuper que de MOI, de mon corps, de mes boyaux, de mes hormones, de mes cellules nerveuses.

J’ai eu une chance folle avec les généralistes, toujours des femmes, dans tous les pays dans lesquels je suis passée. Je me dis qu’elles fonctionnent par comparaison – sans doute parce que moi-même, je fonctionne comme ça. C’est grâce à la somme des milliers d’autres patientes qu’elles ont reçues (et du cumul de leurs multiples défaillances) qu’elles m’identifient sans peine.

Elles me regardent, elles me posent trois-quatre questions et hop, elles savent qui je suis, physiologiquement parlant. Ça doit être génial d’être médecin, infirmière, kiné, sage-femme, ophtalmolo, chirurgien, etc.

On vous repère, vous seule, au milieu d’un monceau d’anomalies bizarroïdes et de normalité procédurisée, on vous passe à la moulinette de sa propre base de données humaines, et toc, on vous pond un diagnostic.

Qui nous plait ou qui ne nous plait pas, évidemment. Hier soir nous avions un couple d’amis Canadiens, qui ont récemment déménagé à Nice, à diner. Je leur ai préparé une soupe de légumes et une tarte poireaux-gorgonzola, ça les a changés du bœuf quasiment systématiquement servi en Amérique du Nord.

Lui, Rob, nous racontait qu’il s’est évanouit à la gym en portant des poids. Ça arrive souvent en fait, de s’évanouir à la gym, mais pas question pour les propriétaires des salles de laisser un doute courir, qui pourrait un jour leur couter cher en matière d’assurances.

Rob s’est donc retrouvé immédiatement dans une spirale de soins d’urgence et de tests en tous genres qui l’a fait s’extasier sur l’organisation du système de santé français (et pourtant Toronto n’est pas à plaindre sur ce sujet).

Tous deux (nos amis) n’ont pas pu ensuite s’empêcher de souligner l’énorme facture de ces soins à moitié curatifs et à moitié préventifs. Et bien entendu ils se sont pris à penser que Rob avait une grave maladie jamais détectée. Mais le corps médical n’a rien pu identifier, absolument rien.

Après 5 jours de tests à l’hôpital, il a déclaré forfait et est rentré chez lui, un peu inquiet – un peu soulagé, mais parfaitement portant. Alors, est-ce que notre système de santé en fait trop ici, et pas assez là ? Comment s’assurer que l’État délivre la bonne dose de soins ? Comment être sûre que l’on prend nous-même vraiment soin de soi ? Ne devrait-on pas mettre plus de moyens dans la prévention… et donc dans les salles de gym… et dans la quantité de légumes verts cuisinés pour un repas entre amis ?

Véronique

Dans son cabinet, une médecin tient une ordonnance et un flacon de vitamines devant une patiente attentive.
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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