Lettre du dimanche · 24 septembre 2023
Le lieu de vie nous fabrique
J’ai grandi dans une ferme, je vous en ai souvent parlé. J’étais complètement libre physiquement, libre de rêver au soleil, libre de m’ennuyer sous la pluie. -Autour de moi, il y avait beaucoup plus d’animaux que d’humains. Ça a énormément influé sur les ramifications de mon imagination, mais aussi sur le fait que je n’ai peur nulle part, à partir du moment où c’est dehors. Mais j’étais aussi loin de tout.
Je suis devenue une petite fille curieuse et bavarde, mais aussi terriblement sensiblo-timide. Je n’étais pas habituée aux jeux psychologiques qui me minaient le sang – j’ai mis longtemps à comprendre qu’on pouvait ne pas en tenir compte.
L’isolement m’a poussée à partir. Puis à voyager. J’ai réalisé que chaque pays, chaque ville et chaque famille savent fabriquer une ambiance distincte, un style de vie, des conditions parfois bonnes et parfois moins bonnes pour ceux qui y vivent.
Se mettre dans les bonnes dispositions puis réussir, voilà le bon ordre des choses. On peut passer sa vie à lutter contre le milieu local. On peut aussi utiliser ce milieu, s’adapter et progresser. Tout dépend comment on se place
Bizarrement, la fusion avec notre environnement augmente notre impact en nous poussant au minimalisme. On puise ce qu’il y a sur place, car tout ce dont on a besoin s’y trouve. On ne désire rien d’autre : se contenter de ce dont on dispose, et l’optimiser.
Je vois bien que cette formule est celle du bonheur pour beaucoup d’entre nous. Trouver le bon endroit, s’y fondre et prospérer, c’est l’équivalent de fabriquer son nid pour y installer sa portée. Mais nos vies varient selon notre âge. On ne s’épanouit pas de la même façon à 20 ans qu’à 55.
Notre territoire devrait donc évoluer en même temps que nous… et ça, peu d’entre nous l’acceptent. La crise existentielle, l’ennui viscéral, la désillusion profonde, la frustration permanente… c’est souvent la nécessité de changer d’environnement pour repartir de plus belle.
Non pas de zéro, mais de ce stade que l’on a atteint et que l’on est sur le point de dépasser, car l’avenir nous appelle à grand cri.
Cette semaine, je vous ai écrit un article sur les bénéfices du changement d’environnement. Plutôt que se transformer soi, transformer son cadre de vie s’impose dans les circonstances où tout nous pèse… et qu’on s’enfonce dans le passé et le refus plutôt que s’élancer vers la nouvelle étape qui se profile
Les études montrent d’ailleurs que dans les moments clés de la vie où l’indécision nous paralyse, celles qui font le choix de changer leur situation le regrettent beaucoup moins que celles qui décident de la maintenir… Il a beaucoup plu cette semaine à Nice, la nature est superbe, c’est le moment de prévoir un weekend si vous n’êtes jamais venue dans cette magnifique région.
Véronique

La lettre du dimanche
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