Lettre du dimanche · 13 août 2023
Grandir et rapetisser, en même temps
Quelle étrange sensation que celle de grandir dans sa tête et de rapetisser dans son corps Après 40 ans, on perd grosso modo 1 centimètre tous les dix ans. Ça s’accélère à la ménopause. Le calcul est rapide : à 90 ans, c’est 5 centimètres en moins. Gloup. Mais ça ne nous empêche pas de grandir encore et toujours, d’être surprise par la vie encore et toujours, de faire des rencontres marquantes encore et toujours, de donner le meilleur de nous-même, encore et toujours.
Pendant longtemps, jusqu’à la « grande » vieillesse, on élargit son monde… mais on rétrécit son corps. Pourtant le vrai problème n’est pas de rapetisser mais de parvenir à se maintenir droite : c’est en se courbant que notre taille diminue. Nos épaules s’affaissent, nos vertèbres s’effritent… notre centre de gravité se déplace, notre position se modifie – quelle étrange évolution.
On change tous, même si on n’aime pas ça. J’adore regarder les gens âgés (et les autres aussi !) se mouvoir ou discuter dans la rue. Leur posture est tellement révélatrice.
Certains restent droits longtemps, bien présents dans la vie, fièrement campés sur leurs deux jambes. Ils avancent. Ils s’exposent. Leur univers leur permet de grandir, même si forcément, leur taille diminue.
D’autres laissent les soucis s’entasser sur leur dos. Ils portent une charge parasite qui les fait soupirer sans cesse et finit par les écraser. Ils s’affaissent. Ils renoncent. Ils ne peuvent plus insérer leur corps dans les alentours, ils se replient sur eux-mêmes
J’observe mes deux parents, tellement emblématiques de ces tendances. Ma mère se penche vers l’avant irrésistiblement. Elle ne regarde que le sol, car elle a peur de tomber. Lorsqu’elle se déplace, seuls comptent ses pieds, rongés par l’arthrose.
Mon père, plus âgé (il aura 90 ans l’an prochain), reste alerte. Il n’est plus très droit, son dos se tasse, mais on sent qu’il est très conscient de son environnement, de ce qui se passe autour de lui. Il est curieux, donc il regarde… donc il se redresse pour mieux voir.
Elle, par contre, ne s’intéresse quasiment plus à rien, elle ne sait plus marcher ET voir. Sa tête la porte vers le bas, elle n’a plus de forces, ni d’envies. Et ça fait longtemps qu’elle a entamé le processus. Je me souviens quand nous avions acheté une barre fixée au plafond pour qu’elle puisse s’étirer et se redresser – elle ne l’a jamais utilisée. Je me dis qu’au fond, elle n’avait aucun désir de voir ce qu’était devenu son monde et son époque. C’est quelque chose qui m’a marquée dans mes relations avec ma mère. Il y a beaucoup de choses qu’elle m’a positivement transmis, mais ça, je n’en veux certainement pas.
Le meilleur moyen de ne pas perdre sa densité osseuse, de rester droite et solide… Le meilleur moyen de demeurer éveillée, présente au monde, de s’y intéresser et d’y prendre du plaisir… C’est de se muscler.
Nos muscles, nos os et nos articulations, voilà notre porte d’accès à la vie environnante, aux autres, aux nouveautés, aux différences. En plein mois d’aout, ce mois à part où l’on prend le temps de se remettre en question, je vous invite à lire ou relire mon article sur la musculation (« des idées fun et faciles ») ainsi que celui-ci intitulé « Comment prendre soin de soi ? ». Et à les mettre en œuvre.
Allez mes amies, poursuivons notre parcours chaque jour tête haute, épaules vers l’arrière et torse bombé !
Véronique

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