Lettre du dimanche · 30 juillet 2023
Vacances, j’oublie tout ??
Qu’est-ce que j’aime partir ailleurs J’oublie le quotidien instantanément… une fois installée dans la voiture, le train ou l’avion. Avant, impossible de me projeter. La veille, je prépare mécaniquement ma valise et ma trousse de toilette (ultra-légères toutes les deux), je regarde vaguement la météo, mais rien de plus.
Je pars le nez au vent. Pas de réservation de visites, pas de guide de voyage et surtout pas de programme défini (qui pour les gens normaux, d’après les études, représente pourtant l’essentiel du plaisir : en matière de vacances, l’anticipation surpasse l’action).
Mon mari, lui, déteste se déplacer sans avoir programmé les transports et les logements, je lui laisse cette logistique avec joie (mais j’aimais autant l’époque où on réservait sur place en essayant les hôtels, les auberges, les pensions et les restaus les uns après les autres – quel bonheur d’avoir réussi à un trouver un).
A moi les boussoles : je suis celle qui regarde la carte. J’adore, j’adore, j’adore les cartes Michelin pleines de routes dans tous les sens, les plans de ville, les mappemondes et les planisphères, les globes… et Google Map (même si je suis super frustrée de la petitesse de l’écran mon téléphone).
Je construis les itinéraires de façon spontanée. Je me fabrique mes jeux de piste personnels, comme si un gigantesque satellite me guidait. Hop, allons par-là ! J’ai un vrai besoin de savoir où je me trouve géographiquement parlant – par rapport à quoi.
Tout en vous écrivant, je réalise que ce qui compte vraiment, c’est de savoir où je suis, et où j’en suis. Je me définis dans un espace/temps, peu importe lequel. C’est d’ailleurs ce qui me porte à vous interroger sans cesse : où vous trouvez-vous aujourd’hui, en réalité et symboliquement ? Où allez-vous ? Pourquoi ça compte pour vous, la destination ? Et si vous profitiez aussi de la route qui y mène ?
Pour ma part, j’aime le parcours plus que l’emplacement. Je me souviens davantage du chemin qui m’a amenée à une jolie clairière, que de la mousse vert tendre sur laquelle je me suis assise pour pique-niquer. Et puis j’ai besoin d’imprévu, d’inattendu, de surprise. J’ai besoin de bifurquer. De changer d’avis, juste comme ça, pour que mon cerveau se détende, lui aussi.
L’idéal pour les vacances, c’est d’aller dans un endroit où je ne connais pas la langue. Ne rien comprendre à ce qu’on me raconte et tenter de trouver un message subliminal dans les gestes, le débit et le ton de la voix, la couleur du ciel, la variété des menus, la structure des immeubles… voilà ce qui m’intéresse.
Vous avez noté cette harmonie entre une langue, un climat, un plat et une architecture ? C’est fou comme l’environnement nous façonne, autant qu’on le façonne, lui. C’est exactement ce que j’aime découvrir, quand je pars en vacances.
J’aime identifier l’unité et la cohérence dans un lieu. Tout ce qui forme la culture, la trace de l’existence humaine. Cela m’aide à trouver la mienne. Oui, en vacances j’oublie tout. Pas parce que je n’ai rien à faire du tout, comme dit la chanson, mais parce que, au contraire, j’ai tant à comprendre !
Véronique

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