Lettre du dimanche · 17 juillet 2022
Le nouveau dilemme du confort en été
L’été est là, carrément là, on le sent jusque qu’au plus profond de nous. Quelle chaleur. Et encore, on a relativement de la chance, à Nice : les températures ne montent pas trop haut pendant la journée. Le problème, c’est la nuit : il redescend à peine, ce maudit thermomètre.
A l’heure très matinale où je vous écris, il fait déjà 25 degrés. Alors on ne rêve que de fraicheur, pour pouvoir dormir la nuit. Et on imagine aussi de mettre les bouts une ou deux semaines pour échapper à la fournaise. En Islande par exemple, puisqu’on n’y a jamais mis les pieds. Mais ce repos estival, amplement mérité après ces années de tourments covidiens, est en train de nous donner des cauchemars. Des poussées aigües de doute et de culpabilité, chez nous les mères qui savent ce que l’éducation et l’avenir veulent dire.
La clim, l’avion, vous n’y pensez pas ! Quelle traitrise ! Hors de question de réchauffer davantage notre planète nourricière, notre seconde maman. On ne tue pas sa mère : on la protège, on la bichonne aux petits oignons. On s’associe main dans la main avec Dame Nature pour en ressortir plus naturelle, plus authentique, et surtout plus respectueuse.
Puisque nous sommes devenues de vraies souillons. Le monde était mieux avant. On était plus intelligente. Plus prévoyante. Mais on a négligé, détruit la santé de la planète, alors elle nous laisse tomber à son tour. C’est de notre faute. On contribue directement à un gigantesque massacre.
Vivre, c’est polluer. Alors montrons l’exemple. Soyons les mères-courage qui prennent sur elles pour redresser l’humanité. Restreignons-nous, modérons-nous, abstenons-nous. Imprégnons-nous de toute cette misère environnementale que nous avons créée nous-même. L’épreuve nous tend les bras : soyons misérable, à fond. Et faisons-le savoir. Comme ça les choses vont s’améliorer. C’est fou comme on est réceptive à l’auto-flagellation, non ?
C’est fou comme on sait enfouir nos envies d’évasion et de confort. Pas de clim, pas d’avion, pas de ceci, pas de cela. Virons l’inutile, le superflu, le dangereux. Nettoyons nos plaies, et le sang que nous avons répandu.
Est-ce que cela vous aide à vous reposer cet été ? A reprendre des forces pour bâtir un monde meilleur ? A être créative, constructive, positive, solide ? A aller de l’avant ? Si la réponse est oui, alors poursuivez. Vous êtes dans le droit chemin : celui de l’air du temps. On va avoir drôlement besoin de vous, puisqu’il faut convaincre les masses.
Si la réponse est non, alors vous allez souffrir encore. A vous de renverser la tendance et d’inventer l’avenir, concrètement, plutôt que de dénigrer le passé. Et de le faire savoir. On va avoir drôlement besoin de vous, aussi, puisqu’il faudra convaincre les masses… plus tard. Dilemme, dilemmes…
Véronique

La lettre du dimanche
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