Lettre du dimanche · 10 avril 2022
Dans la tempête ?
L’Ukraine qui cogne, les élections quasi transparentes, la météo houleuse, le Covid qui frappe tous mes proches… et cet horrible décalage horaire (9 heures par rapport à la Californie d’où je reviens juste). Bref, je me sens dessus-dessous. Pourquoi rien n’a l’air normal ? Et puis c’est la première fois que je rentre chez moi à Nice. Avant, c’était à Berlin que je revenais, j’avais d’autres odeurs, d’autres bruits, d’autres parcours dans la tête, depuis l’aéroport jusqu’à la maison. Là, tout est différent.
Je réalise que j’habite bien en France, désormais. C’est comme si tout le chamboulement de ces derniers mois, les événements successifs et étourdissants, se manifestaient vraiment ces jours-ci. C’est en rentrant de vacances que je réalise que oui, c’est vraiment vrai, j’ai déménagé. C’est grâce à cela que servent les voyages : 1ère phase : on oublie le quotidien en partant, 2ème phase : on remet le quotidien à sa juste place quand on rentre.
Tout s’emboite, d’une façon neuve et créative… mais seulement à notre retour. Sans voyage, on n’opère pas cette remise en place spatio-temporelle. On reste sur le même état d’esprit. Semblable à soi-même. Stable. Pour le meilleur ou pour le pire. … Figé ? … Inflexible ?
Le voyage, le Covid ou la tempête nous brassent, nous sollicitent et nous bouleversent, et finalement nous font prendre du recul. Ils nous imposent un nouvel ordre. C’est peut-être ça le changement : pouvoir redistribuer les mêmes cartes d’une autre façon, plus logique. Fatale. Mais pas forcément apprendre un tout nouveau jeu.
Et vous, connaissez-vous ces instants de clairvoyance qui vous envahissent au retour d’un voyage, malgré la fatigue et le décalage horaire, ces moments où étrangement un nouvel ordre se fait jour ? Allons, j’espère que tout se déroulera au mieux : l’Ukraine, les élections, la météo, le Covid… et tout le reste.
Véronique

La lettre du dimanche
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