Lettre du dimanche · 6 mars 2022
Et chez vous, quels sont vos droits ?
Bientôt le 8 mars, serrons les poings. Et parlons « POUVOIR ». Nous les femmes commençons à beaucoup mieux nous placer sur le terrain public : la sphère professionnelle et les milieux politiques ont leurs règles et leurs batailles, et si on a bien compris que le partage du pouvoir n’a rien d’automatique, il fait l’objet de tractations (ou de rejet) de façon assez franche.
On a des chiffres, des mesures (même si leur petitesse nous désole). On avance, en partie parce qu’on agit à découvert : tout le monde peut voir, ou discuter. Ou on peut toujours dénoncer, convoquer la presse… Mais chez vous, dans la paix ou les remous du ménage, face à votre conjoint et à vos enfants, comment vous placez-vous ?
En vrai ? Vous sentez-vous l’égale de vos hommes en termes de puissance, de place, de possibilités ? Estimez-vous avoir les mêmes droits au quotidien ? Utilisez-vous la parole tout comme ils le font ? Êtes-vous autant respectée lorsque vous demandez quelque chose, lorsque vous émettez un avis, lorsque vous condamnez un acte ?
Êtes-vous capable d’être écoutée et entendue comme une personne (ni une femme, ni un homme) ? Savez-vous vous imposer automatiquement et efficacement, sans crier – ou plutôt, vous autorisez-vous à le faire ? Vous attribuez-vous le droit de développer vos propres projets, sans demander leur autorisation, ou leur consentement implicite ? Par exemple, pourriez-vous prendre une initiative technique dans votre logement, repeindre une pièce seule, sans vous justifier, simplement parce que vous estimez que c’est utile ? Idem pour installer des étagères, carreler une terrasse ?
Est-ce que vous vous sentez tenue d’obtenir l’aval d’un homme, par peur qu’il en fasse une blessure d’orgueil, ou pour éviter de le mettre en difficulté ? Est-ce que vous avez tendance à le protéger en vous effaçant d’une façon ou d’une autre ? Est-ce que vous préférez être humiliée, vous, que de l’humilier, lui ? Ou est-ce que vous savez attaquer et vous défendre, jouer des coudes, vous battre « comme une femme », crânement, sans peur des menaces ou du divorce, avec la détermination pour trouver une solution juste, équitable et durable ?
L’art du compromis est difficile à maitriser. Mais vous, savez-vous vous y prendre, sans renoncer à vos droits, mais en renforçant votre ascendant et votre crédibilité ? Et finalement : Êtes-vous fière de l’image que vous projetez à la maison auprès de vos fils, en termes de droit des femmes/des mères ? Et concernant vos filles ? Vous voyez-vous comme la référence que vous espérez être ? Voilà, c’étaient mes questions du jour. Pas facile, hein. Parce que le droit des femmes, c’est aussi chez soi, non ?
Véronique

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