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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 27 février 2022

Du Covid à l’Ukraine, sans transition

Aujourd’hui, cette lettre dominicale est un peu différente de la normale. Je suis frappée par le renversement d’inquiétude, en quelques jours seulement. Après deux années pénibles, frustrantes, décourageantes, on avait fini par s’habituer à l’époque covidienne finissante (façon de parler). Et voilà que l’Ukraine nous tombe dessus. Poutine a bien calculé son coup, pour nous cueillir juste au moment où l’on commençait à respirer (façon de parler, bis). Au moment où l’on a envie de joies simples : soleil, fraternité, renouveau. Le soleil est bien arrivé, pile poil. Mais pour le reste, c’est quasi foutu. On a déjà eu notre lot d’émotions collectives (négatives bien entendu).

Et nous voilà au seuil de nous laisser embarquer dans un nouveau round de terreur. Je ne suis pas sourde aux maux du monde, surtout de celui qui est si proche de nous. Mais je suis réfractaire, farouchement, aux manipulations, aux menaces, à l’exploitation continuelle de mes nerfs déjà très tendus. On a suivi les directives pour contrer la pandémie, chacun à sa façon. Ça nous a lessivé (personnellement, ça m’a même fait changer de pays) mais on touche au but.

Et maintenant on nous demande implicitement de prendre part à cette guerre d’un autre âge. « On », ce sont ces médias, ces conversations d’experts et ces réseaux sociaux qui s’acharnent à nous dévorer les quelques morceaux de cervelle intacte qui nous restent. Soyons vigilant, gardons notre sang froid.

Ne nous laissons pas cuire à petit feu par ce qui semble être devenue la marque des années 2020 : l’utilisation massive de la panique sociale. La sur-implication rend fou.  Ça nous rend également fragile. Et ça pourrait aussi nous rendre idiot. Si vous sentez que vous avez besoin d’un break de news avant de vous plonger dans cette nouvelle vague d’effroi, débranchez. Maintenant. Ça n’est pas une question d’égoïsme, de froideur, de négligence, de manque d’intérêt. C’est une question de salubrité mentale. Prenez le temps de récupérer, une semaine ou deux. Ou trois.

Si vous êtes à bout, ne vous laissez pas emporter par la frénésie guerrière médiatique. Le monde a aussi besoin de personnes saines d’esprit, fiables, solides. Et reposées.

Véronique

Trois personnes courent au bord d’une rivière, devant une ville ukrainienne endommagée et des colonnes de fumée.
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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