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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 10 octobre 2021

Aide, aidé, aidant

L’article sur le burnout des parents d’ados vous a touché, j’ai reçu beaucoup de messages sur ce sujet. Ce sont vraiment des expériences éprouvantes, qui mettent longtemps à cicatriser, pour les jeunes et pour nous.  Toujours dans la catégorie « relations », vous avez peut-être noté que le 6 octobre était la journée des Aidants. Vous avez encore vos parents ? Ils vieillissent, ils sont malades ?

Alors vous avez « une chance » de devenir aidante, un jour ou l’autre. On y passe ses loisirs, ses soirées, ses dimanches et parfois on doit même quitter son travail pour se mettre au chevet à plein temps de son père ou de sa mère, devenus dépendants.

Un aidant familial, c’est typiquement quelqu’un… Qui fait un job carrément délicat, à la fois technique et relationnel, Pour lequel il n‘a pas été formé, Pour lequel il n’est pas rémunéré, Et qu’il démarre alors qu’il n’est plus tout jeune (sous-entendu : qu’il n’est pas en parfaite santé lui-même).

J’oubliais : c’est le plus souvent une mission remplie par nous, les femmes.

Bref, il faut se préparer et il faut s’accrocher.  C’est vrai, on sait déjà s’occuper des autres : jeunes, on a pris soin de nos enfants, instinctivement et efficacement – enfin la plupart du temps. Mais en vieillissant, quand il s’agit d’assister nos mamans et nos papas, c’est plus difficile : ils sont désormais en situation de faiblesse et les rôles s’inversent, ce qui peut créer des malentendus.

Est-ce qu’ils vont accepter de suivre nos préconisations ? Est-ce qu’on va accepter de les voir décliner irrésistiblement, et peut-être un jour de ne plus nous reconnaitre ? Et puis on a déjà une vie bien remplie par ailleurs. Peut-on (veut-on) vraiment faire les sacrifices nécessaires ? Prévoir d’être soutenu, et de se faire remplacer, très ponctuellement ou pendant des semaines entières, c’est essentiel pour réussir.

Saviez-vous qu’en moyenne, l’aidant décède avant la personne aidée, notamment pour cause d’épuisement ?

Ça fait froid dans le dos, et on n’a pas du tout envie que ça nous arrive ! D’accord, il s’agit dans ce cas du conjoint qui joue le rôle de garde-malade, mais le risque est bien là. On peut désormais bénéficier d’un congé indemnisé pour s’occuper d’un proche (à voir ici). Et pour comprendre le quotidien d’autres aidants, écoutez ce podcast très intéressant.  Je n’ai pas fini d’évoquer ce thème, fondamental dans nos vies de quinquas, qui concerne notre avenir proche… ou lointain. J’ai d’ailleurs déjà abordé la relation avec nos parents, sous l’angle « logement et proximité »

Vivez-vous cette situation ? Ou l’avez-vous vécu ? Dites-moi.

Véronique

Illustration de la lettre « Aide, aidé, aidant »
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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