Lettre du dimanche · 9 avril 2023
Décalage horaire, décalage horreur
Ce matin, je me lève dans les vapes. Oui, je suis super-décalée (9h) et je super-déteste ça ! Mon esprit et mon cœur bondissent de joie pendant les voyages, mais mon corps résiste tant qu’il peut. Mais j’y vois une lueur de compréhension : c’est dans ces cas-là que je saisis vraiment l’importance de notre corps. On peut désirer tout ce qu’on veut, rêver, se plaindre, faire tous les plans du monde, réfléchir en profondeur, à la fin c’est notre corps qui décide. De les mettre en œuvre ou pas.
Notre corps nous porte, notre corps nous plombe. En fait, il est largement aussi puissant que notre esprit. Que nos émotions. Il est lent, il est paresseux, il est exigeant, il n’obéit à rien – ou à si peu. Il est très primaire : boire, manger, dormir, bouger, basta.
Parfois il déborde d’énergie, alors que c’est justement l’heure de dormir. Il grossit alors que l’on veut parfaitement, absolument, authentiquement, rester mince. Il se fatigue pour des bêtises. Il nous réveille sans raison. Il nous fabrique des maladies inopportunes, injustes, idiotes. Il désire, il dévore, il gargouille, il sent, il faiblit, il palpite. Il a sa vie propre. Comme c’est étonnant. Comme c’est énervant. Il nous manipule.
On vit un décalage permanent avec notre corps. Ça n’est pas un décalage horaire, c’est un décalage hebdomadaire, saisonnier, annuel – institutionnel. La clarté d’esprit, la profondeur des émotions… l’inertie du corps. Il me semble que l’on doit continuellement trouver un équilibre avec ce trio infernal.
Notre corps n’est pas qu’un décor, c’est lui qui donne forme à notre vie. Alors il faut le suivre. On n’a pas le choix. Peut-être, finalement, qu’il nous montre une direction ? La direction ? Parfois il procrastine, réticent à l’action. Parfois il s’installe dans la routine – il crée la routine. Parfois il s’énerve. Parfois il rayonne.
Le bon moment dans la vie, c’est peut-être celui où notre corps est prêt à agir, à bondir en avant ? Tous mes articles sur le corps sont là, dans un chapitre « Corps et bien-être », et je n’ai pas fini d’en parler…
Véronique

La lettre du dimanche
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