Lettre du dimanche · 16 janvier 2022
La mode du changement de vie, pour ou contre ?
Revenons sur le changement de vie. Oui, on en parle, et pas qu’en France. Ça démissionne à tour de bras, en ce moment. Les auto-entreprises se créent à toute célérité, les résidences secondaires deviennent principales et les compagnies de déménagement sont en plein boom C’est une incroyable nouveauté. Pendant au moins un siècle, on allait là où se trouvait l’emploi. En région parisienne, on a vu des générations attendre obstinément la retraite, pendant plusieurs décennies, pour pouvoir ensuite retourner au pays. Quarante ans entre parenthèses.
Maintenant c’est (presque) fini. Désormais, le privilège des retraités se savoure bien avant l’âge : on habite où l’on veut, sans demander l’autorisation à son boss. Avez-vous déjà quitté votre maison, votre ville, votre pays ? Ou peut-être changé d’orientation puis de métier ? Ou encore bouleversé votre vie intime : vous vous êtes séparée, vous avez renoncé à la sexualité, vous êtes polyamoureuse ? Quelque part, vous en rêvez, forcément.
Quand on voit tout le monde se remettre en question, on s’interroge sur la pertinence de sa propre existence. En y réfléchissant, je ne connais que quelques personnes qui aient conservé intact le trio « lieu de vie + boulot + conjoint » de leur jeunesse. Je suis convaincue que c’est leur choix, et je suis convaincue que c’est bien plus dur que ça en a l’air. Vous aspirez à respirer l’air printanier alors que nous sommes encore en plein hiver ? Alors analysez bien à ce qui vous manque, précisément.
Est-ce votre vie qui vous déprime, ou juste le manque de soleil ? Est-ce votre conjoint qui vous étouffe ou votre appartement qui est trop petit ? Est-ce votre job qui vous angoisse, ou cette procédure informatique que vous ne maitrisez pas ? Est-ce l’âge qui vous fatigue, ou ces 10 kilos que vous n’avez pas le courage de perdre ?
C’est votre exercice de la semaine. Mettez le doigt sur ce qui vous gêne, ou sur ce qui vous paralyse. Sur ce petit/moyen/grand mécanisme défectueux, qui grippe toute votre machine-à-vous, et qui vous pousse à tout lâcher. Réparez-le, ce truc qui ne fonctionne plus. Réparez tout ce qui est réparable. Ça ne marche toujours pas ? Alors là, OUI, c’est le moment de partir, de changer, de refaire votre vie.
Pour ma part, 2021 a été une année de remise en question profonde, suivi d’un déménagement salvateur. Il m’a fallu 6 mois pour réaliser que je devais quitter Berlin, et 6 autres mois pour le mettre en œuvre. Maintenant, je commence autre chose, et je vais vous en parler dans les semaines à venir. Car dans le changement il y a deux phases : Partir puis Arriver. Quitter puis Démarrer. Laisser puis Reconstruire. Je suis au milieu, pile. Et vous, où êtes-vous ?
Véronique

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